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jeudi 31 octobre 2013

Appel à communications


Appel à communications

Rivalités : l'écrivain et ses cibles

Conférencier d'honneur : Simon Harel
(Université de Montréal)
Colloque estudiantin organisé par le
Département de langue et littératures françaises
de l'Université McGill
30-31 janvier 2014
 
Dans et hors le texte, consciemment ou non, les auteurs se situent par rapport à un autre, individuel ou institutionnel, réel ou fantasmé (Harel 1999). En sociologie de la littérature, cette réalité est transposée par le terme « position relative »; en sémiotique, c’est plutôt la secondéité de Peirce, c’est-à-dire la « conception de l’être relatif à quelque chose d’autre » (Deledalle 1979 : 204), qui en fait foi. D’un côté comme de l’autre cependant, le concept signale un rapport psychologique entre l’écrivain et ses pairs, sans que l’issue ne soit toujours prévisible. Les auteurs contemporains sont, en effet, soumis aux impératifs d’une « communauté inavouable » (Blanchot 1984) : tout en voulant se distinguer (Bourdieu 1979), l’écrivain se doit d’être reconnu par ses pairs. Il s’agit, en d’autres termes, de s’inscrire en négatif au sein du groupe de ses concurrents tout en affirmant sa spécificité. L’auteur peut, de plus, se placer plus largement dans le sous-champ de son art (conflit entre écrivains de vocation et écrivains de profession [Heinich 2000]), à la jonction de deux genres (la sempiternelle hiérarchie des genres « majeurs » et « mineurs »), ou de deux arts (interprétations contrastées d’un même mouvement par les artistes visuels et littéraires). Simultanément, il est aussi donné aux auteurs de prendre position non pas en tant qu’écrivains, mais plutôt en tant que membres d’une communauté pour témoigner, par exemple, de l’antagonisme entre deux métropoles (Paris et Londres; Montréal et Québec), entre le centre et la périphérie (Casanova 1999), entre plusieurs groupes ou entre un groupe et une institution. Aussi ces deux tendances peuvent-elles en certaines circonstances s’entrechoquer, comme ce fut le cas de l’alliance temporaire entre les groupes de Breton et Bataille au sein de la revue Contre-Attaque, mais ces rapprochements, soumis à la force des inimitiés, sont les plus souvent suivis d’une nouvelle scission.
Par ailleurs, la rivalité, qui contrairement au conflit n’est pas bidirectionnelle, autorise une réflexion plus large d’un moteur important de la littérature en elle-même comme dans ses liens avec d’autres domaines (sociologie, politique, linguistique). L’objectif du colloque sera, dans cette optique, de réfléchir les rivalités littéraires tant en amont qu’en aval. C’est dire que nous nous interrogerons sur les multiples composantes d’une rivalité, que ce soit son origine (causes, raisons, réalité, membres impliqués), son développement (l’intertextualité, la rhétorique et la sémiotique qui sous-tendent une attaque; les éventuelles répliques; les agressions physiques) et ses conséquences (restructuration du champ, mémoire du conflit, débats conséquents à l’interprétation du conflit et de ses sources).
Nous invitons donc les jeunes chercheurs à se pencher, dans le cadre du sixième colloque estudiantin du Département de Langue et Littérature françaises qui se tiendra les 30 et 31 janvier 2014 à l’Université McGill, sur la question des rivalités en littérature. Les communications, qui doivent être présentées en français, seront d’une durée maximale de vingt minutes et suivies d’une période de questions de dix minutes. Bien que toutes les approches critiques soient les bienvenues, nous suggérons aux conférenciers quelques sujets possibles, auxquels ils ne sont pas tenus de se limiter :
·         La rhétorique de la rivalité
·         La virtualité/réalité de conflits présumés
·         La réception, par les disciples, d’une querelle impliquant le maître
·         Les fondements idéologiques/politiques/textuels d’une rivalité
·         La reproduction des inimitiés
·         Les cas de figure importants dans le développement de l’histoire littéraire ou du discours social
·         Les effets de la compétition sur la communauté des écrivains
·         Les principaux vecteurs de rivalité (écrivains, artistes, critiques, institutions) et leurs caractéristiques
·         La description, par les critiques ou les écrivains, de la hiérarchie des genres
·         Le pamphlet et l’écriture antagonique
·         La littérature engagée
·         L’intertextualité du conflit (l’Autre est-il nommé, cité, paraphrasé ou ignoré?)
·         La rivalité qui oppose la littérature aux autres savoirs, ou les différents savoirs au sein de la littérature
·         Les rapports conflictuels entre la littérature et les autres arts
Coorganisateurs : Simon-Pier Labelle-Hogue, Kiev Renaud,
Mathieu Simard et Myriam Vien

Les propositions de communications
doivent comporter 350 mots
(longueur maximale)
et doivent être envoyées
à l'adresse suivante :
accompagnées d'un/d'une :
titre
bibliographie indicative
courte biobibliographie
 
Date limite de réception des propositions :
Dimanche, 1er décembre 2013





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